Smart Intégrations Magazine

Audio Vidéo, Smart Home et la Garantie de parfait achèvement…

Pour la première fois je vais faire appel à la communauté des lecteurs de ce magazine. J’ai besoin, d’y voir plus clair dans les différentes garanties qui existent dans le monde du bâtiment, et surtout savoir celles qui s’appliquent à notre métier d’intégrateur AV et Domotique.

(Article paru dans Smart Intégration Magazine n°34 Mai/Juin 2019)

Une partie non négligeable des installateurs AV et Domotique, anciens vendeurs de Hi-Fi et de Home Cinema, et c’est aussi mon cas d’ailleurs, sont loin d’imaginer que certaines lois et garanties spécifiques du monde du bâtiment s’appliquent aussi à leur métier. Il est temps de clarifier tout ça et d’aider certains pro-fessionnels à se rendre compte que l’on ne fait pas n’importe quoi dans le monde du bâtiment.

D’après ce que j’ai compris et j’en oublie certainement, en France il y a : la garantie d’achèvement ou de rembourse-ment, la garantie des vices apparents, la garantie de par-fait achèvement, la garantie de bon fonctionnement et la fameuse garantie décennale. Il y a aussi des termes comme « la réception des travaux » et « Livraison du chantier » et des documents comme le « procès-verbal de réception »… J’avoue que je suis un peu largué entre tous ces termes et garanties, d’autant plus qu’elles interviennent dans un ordre précis et ne s’appliqueraient pas forcément à tous les corps de métiers du bâtiment. D’ailleurs, vendeur de Hi-Fi est-il un corps de métier rattaché au bâtiment et donc légalement soumis à ces garanties ? Faut-il un code APE spécifique pour tomber sous le coup de ces garanties ? Tant qu’on y est, existe-t-il un document officiel qui décrit le monde du bâtiment ainsi que les corps de métier qui s’y rattachent, leur code APE et ce qu’ils sont censés exécuter comme opérations.

Comment expliquer ces garanties simplement et surtout comprendre comment et si elles s’appliquent à notre métier d’installateur AV et Domotique parce qu’il va bien falloir que l’on fasse la lumière sur tout ça tant notre métier technolo-gique est en train de devenir tranquillement mais sûrement un nouveau corps du bâtiment.

J’ai lu quelque part que l’interphone faisait partie des « indé-montables » de la « maison » et, du coup, qu’il est clairement sous le coup d’une des garanties citées plus haut. Mais alors… L’installateur est-il de fait responsable de tous les aléas tech-nologiques, d’interopérabilité et de continuité de service d’un interphone connecté Wi-Fi à 200e ? Et si après 6 mois, le nouvel Apple iOS n’est plus compatible avec le système Domotique de la maison, l’installateur est-il responsable si le client ne peut plus se servir de son installation ? Doit-il, et parce qu’il est sous le coup de la garantie de bon fonctionnement venir changer à ses frais le système avec un qui soit compatible avec le nouveau téléphone du client ? On en parle de la garantie décennale pour des produits technologiques dont on ne sait même pas si dans un an le constructeur sera encore là ou maintiendra le service en ligne ? Vous voyez où je veux en venir ? Si elle plante, une installation domotique peut rendre la maison totalement inopérante. Comment alors faire rentrer des produits et services technologiques hautement instables dans ces garanties-là ?

Et il est bien là le réel problème de notre métier dont je vou-drais que l’on discute urgemment tous ensemble autour d’un saladier de pistaches et d’une bonne pinte de bière : Ces garanties et ces textes de lois ont été écrits pour le monde du bâtiment avec des corps de métier et des actes bien définis : Terrassement, gros œuvre, menuiserie, électricité, plomberie… Des actes qui nécessitent beaucoup de main-d’œuvre et pour lesquels des malfaçons humaines sont bien plus souvent en cause que le matériel lui-même. Du ciment, un parpaing ou madrier ça ne tombe pas en panne et il n’y aura jamais un nouveau Firmware ou de connexion au cloud qui le rendra inopérant. Les problèmes sont plus souvent d’ordre humain comme un mauvais mélange de matières premières, mau-vaise soudure, mauvaise pause ou colle non adaptée pour du carrelage… Notre métier technologique est quant à lui totalement différent et rentre assez mal dans ce cadre. Le souci, c’est que la distribution AV, Internet et la domotique se fondent intimement aux maisons et de fait au métier du bâtiment. On se retrouve petit à petit sous le coup de légis-lations qui demanderaient urgemment à évoluer. Il faut là aussi reparler des assurances qui, dans certains cas, couvrent des garanties. Sont-elles prêtes à gérer et à couvrir des cas où sont impliqués le bon vouloir de Google et Amazon de garder vivant un produit ou un service ?

Vous l’aurez compris, j’aimerais bien que ceux d’entre vous qui ont une petite expérience ou expertise en la matière me contactent pour que je puisse comprendre et mettre au propre un beau dossier qui servira à tout le monde. De plus, lors d’un prochain évènement, je me proposerais bien d’animer un forum sur le sujet avec des experts, des juristes, des jour-nalistes… J’ai plein de questions à poser et croyez-moi, on va bien rigoler. Parce que, si un jour on tombe sur un client qui a décidé de jouer au plus malin et c’est parfaitement son droit – voire son devoir – en tant que personne qui paie, il serait judicieux de lui montrer qu’on sait de quoi on parle.

N’hésitez pas à laisser un commentaire pour participer au débat.

(Article paru dans Smart Intégration Magazine n°34 Mai/Juin 2019)

Bruno Napoli
bruno.napoli@resolumentsmart.com

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